L’année 2025 a marqué la poursuite des tendances de 2024 sur les marchés de l’électricité, avec la baisse des prix des marchés à termes, la stabilité des prix moyens spots de l’électricité (+5%) mais une augmentation de leur spread journalier (+18%), et plus de 8% du temps avec des prix nuls ou négatifs. Ces évolutions de prix sont la conséquence de plusieurs fondamentaux physiques :
- Les énergies renouvelables se développent massivement dans de nombreux pays Européens, ce qui fait apparaitre des périodes de surplus, notamment en milieu de journée au printemps et en été ;
- L’électrification des usages est encore à un rythme insuffisant pour absorber ces surplus ;
- Le gaz est la solution de production d’électricité marginale de référence en cas d’absence de production renouvelable, aboutissant à des prix élevés de l’électricité en heure de pointe ;
La France particulièrement connaît une période d’abondance de production d’électricité. C’est le seul pays européen (hors pays nordiques) à avoir un prix calendaire pour 2027 inférieur à 50 €/MWh (vs. plus de 80 €/MWh en Allemagne, Suisse, Italie, Royaume-Uni). Les prix de capacités en France devraient rester faible compte tenu de cet équilibre offre/demande.
Par ailleurs, l’environnement tarifaire et réglementaire continuera d’évoluer rapidement en 2026 ; il faudra notamment veiller :
- Aux impacts de l’évolution du TURPE, avec le déplacement des heures creuses/heures pleines, qui permettront de mieux adapter le profil de charge de certaines consommations (ECS, …) aux moments de production le plus favorable (en milieu de journée l’été) ;
- A la prise en main de l’évolution des règles des mécanismes d’équilibrage (NEBCO, certification, etc.) qui permettent à de plus en plus d’actifs de flexibilité, notamment diffus (chauffage, eau chaude, climatisation, etc.), de trouver une profitabilité économique en jouant sur les marchés.
- Aux conséquences du mécanisme de capacité post-2026, aux potentiels mécanismes de soutien à la flexibilité de la demande et à leurs conséquences sur ces modèles d’affaires.
Ce contexte marché et réglementaire devrait devenir de plus en plus favorable au développement de la flexibilité de la demande en 2026, notamment sur :
- Le développement de chaudières électriques, profitables dans de nombreux contextes industriels grâce à la multiplication des heures de prix négatifs, permettant de décarboner la production de chaleur, d’augmenter la consommation d’électricité en période de surplus et de fournir de la flexibilité le reste du temps. L’installation de stockage thermique peut permettre de renforcer sa pertinence en maximisant la chaleur produite sur les heures à prix faibles ou nuls.
- Le pilotage de la recharge des véhicules électriques (jusqu’au V2G), dans la continuité des offres qui se sont développées pour réduire le coût de la recharge (Mobilize Smart Charge, Octopus, etc.) voire de rémunérer les participants.
- La flexibilité de la demande dans le tertiaire et le secondaire, secteurs qui bénéficient particulièrement des évolutions du marché de la flexibilité grâce à leur capacité de réaliser de courts effacements rapides et réguliers sans impact sur le confort. La profitabilité économique de ces effacements n’est pas toujours suffisante pour permettre un déploiement massif, et cette flexibilité pourrait bénéficier d’évolutions marketing pour débloquer son potentiel.
- Les batteries se développent rapidement dans de nombreux pays européens. Les cas d’usages « derrière le compteur » permettant de maximiser leur valeur (vs. en modèle standalone) et d’accéder à des puissances de raccordement de plus en plus difficiles d’accès autrement.
E-CUBE a développé une forte expertise sur la flexibilité de la demande à travers ses projets récents et l’expérience de ses consultants. Nous serions heureux d’échanger avec vous sur ces perspectives de marché et opportunités. N’hésitez pas à contacter les experts ci-dessous pour planifier une discussion sur le sujet.

