Stratégies de Transition Energie-climat

2026 : entre ambitions climatiques et réalités économiques 

Après une quasi-décennie marquée par l’enthousiasme des Accords de Paris et l’accélération post-Covid des engagements climatiques, l’année 2026 s’ouvre sur un paysage profondément transformé. Les entreprises européennes, qui avaient affiché des ambitions fortes en matière de décarbonation, se trouvent désormais confrontées à une réalité plus complexe : ralentissement économique, tensions sociales et politiques, incertitudes géopolitiques créent un environnement externe moins encourageant. D’autant plus que les trajectoires de décarbonation, longtemps portées par des  « victoires rapides » (verdissement de l’électricité via Garanties d’Origine, projets pilotes bénéficiant de subventions, actions d’efficacité énergétique à temps de retour sur investissement limité etc.), exigent désormais des efforts structurels : investissements lourds, réorganisation des chaînes de valeur, arbitrages difficiles entre performance économique et transition énergétique dans un contexte de plus grande frugalité dans les achats des acteurs privés ou dans les aides publiques.

Ce contexte a créé une zone de turbulence où les règles de conformité de plus en plus strictes et la multiplication des cadres normatifs – taxonomies, CSRD, SBTi – sont questionnés et où l’ambition climatique doit composer avec des impératifs de compétitivité, de rentabilité et d’accessibilité. Le secteur de la finance illustre bien cette tension ayant abouti à la disparition de l’initiative de Net Zero Banking Alliance seulement quatre ans après sa création, faute de réussir à résoudre l’arbitrage entre objectifs environnementaux et enjeux de financement des énergies fossiles.

Pourtant dans le même temps, l’environnement externe devient bien plus contraignant. L’Union européenne renforce son arsenal réglementaire avec l’entrée en vigueur du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) en 2026, tandis que les systèmes de tarification carbone couvrent désormais près de 30 % des émissions mondiales (vs. 14% en 2015, 7% en 2005). Par ailleurs, les impacts physiques du changement climatique se manifestent de manière croissante et deviennent matériels pour les entreprises. Ces évolutions traduisent une tendance irréversible : la transition énergétique n’est plus une option, mais une condition de pérennité.

Face à ces défis, 2026 sera une année de lucidité stratégique. Les entreprises devront réconcilier ambition et réalisme, en priorisant les actions accessibles à fort impact dans leur chaîne de valeur mais également en s’intéressant ou se réintéressant au développement de certificats carbone corporate pour financer leurs investissements Climat, tel qu’on le voit de plus en plus dans les secteurs de l’acier, du ciment ou des transports, ou en recourant aux différents outils de contribution à la neutralité climatique dans et hors de leur chaîne de valeur. L’évolution des référentiels historiques (ex. SBTi, NZi) mais surtout l’émergence de nouveaux référentiels pour reconnaitre ces efforts Climat sont une des traductions de la volonté de réconciliation progressive entre ambition et réalisme. Cette dernière sera nécessaire pour apporter de la souplesse et de la capacité d’innovation, mais sans le sacrifice de la rigueur méthodologique et de l’honnêteté des démarches.


E-CUBE a développé une forte expertise sur les stratégies et outils de décarbonation d’entreprises à travers ses projets récents et l’expérience de ses consultants. Nous serions heureux d’échanger avec vous sur ces perspectives de marché et opportunités. N’hésitez pas à contacter les experts ci-dessous pour planifier une discussion sur le sujet.


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