Effacement industriel et tertiaire : 9,5 GW techniquement disponibles, 5 GW économiquement atteignables

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Le développement de l’effacement dans l’industrie et le tertiaire répond à deux logiques distinctes. Pour le système électrique, il apporte de la flexibilité et contribue à la maîtrise de la pointe. Pour les entreprises, il représente une diversification de revenus et un levier de performance énergétique. Notre étude quantifie ce potentiel secteur par secteur, en distinguant ce qui est techniquement faisable de ce qui est économiquement atteignable.

Un gisement technique de 6,5 à 9,5 GW

Le gisement technique d’effacement par modulation de process, pour des activations courtes de trente minutes consécutives, se situe entre 6,5 et 9,5 GW en cumulé sur l’industrie et les secteurs tertiaires analysés.

L’industrie en concentre l’essentiel, environ 70 %, soit 4,5 à 6,5 GW. Quatre secteurs pèsent à eux seuls les trois quarts du gisement industriel : métallurgie, mécanique, chimie et papier. Dans ce gisement industriel, 40 % relève d’usages thermiques, principalement les fours, et environ 30 % d’usages moteurs, broyage, laminage, air comprimé.

Les secteurs tertiaires étudiés, bureaux, grand commerce alimentaire, entrepôts frigorifiques, filière eau et data centers, représentent 2 à 3 GW, soit environ 30 % du total. Là encore, les usages thermiques, froid, chauffage et climatisation, en constituent environ 40 %.

Le gisement économique dépend directement du prix

Le gisement technique n’est pas le bon indicateur pour un opérateur. Ce qui compte est la capacité mobilisable à un niveau de rémunération donné, et l’écart est considérable.

  • À 30 €/kW/an ou moins, les capacités accessibles se situent entre 1,5 et 3,6 GW.
  • À 60 €/kW/an ou moins, elles montent entre 2 et 5 GW.

Le gisement le plus accessible économiquement se concentre sur la métallurgie, la chimie et le papier, c’est-à-dire sur des sites à forte puissance unitaire. À l’inverse, le gisement diffus, petits sites tertiaires et petite industrie, n’est majoritairement mobilisable qu’au-delà de 60 €/kW/an. La puissance unitaire faible ne permet pas d’amortir les coûts humains et financiers de mise en œuvre.

Les barrières ne sont plus réglementaires

C’est peut-être le résultat le plus utile de l’étude. Les freins réglementaires et techniques résiduels sont aujourd’hui limités. La France dispose d’un ensemble de mécanismes intégrant l’effacement à tous les horizons de temps, et notre benchmark international, portant sur le Royaume-Uni, le Japon et les États-Unis avec PJM et CAISO, montre un cadre français globalement plus avancé que celui des autres pays étudiés.

Les barrières sont désormais économiques et organisationnelles. La rémunération accessible reste faible au regard des coûts et des contraintes de mise en œuvre, particulièrement sur les sites diffus.

Quatre leviers, essentiellement non techniques

  • Intensifier la communication et la sensibilisation des consommateurs sur le sujet de l’effacement, encore mal connu des directions industrielles.
  • Mutualiser les investissements dans le tertiaire, en incitant à rendre les sites smart grid ready lors des rénovations et des constructions neuves plutôt qu’à équiper a posteriori.
  • Apporter davantage de stabilité et de visibilité aux règles et mécanismes de valorisation, l’instabilité étant en elle-même un coût pour l’investisseur.
  • Traiter la question de la fiabilité des capacités d’effacement, condition de leur intégration comme ressource comparable à un moyen de production.

Pour aller plus loin, téléchargez notre analyse complète ci-dessous ou contactez nos experts.

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