FPA virtuels et financiers : de nouveaux outils pour accélérer le déploiement des BESS distribués ?

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En Europe, le développement des BESS connaît une nouvelle phase. La première vague reposait sur de grandes batteries standalone raccordées directement au réseau. Alors que les capacités de raccordement au réseau arrivent à saturation, le prochain relais de croissance se situe derrière le compteur (behind-the-meter, BtM) des sites de consommation et de production, et de plus en plus dans des flottes distribuées de batteries de quelques centaines de kW chacune.

Ces actifs doivent être financés comme les autres, et la couverture du risque de marché reste une condition préalable à l’obtention de dette : en Allemagne, les prêteurs exigent que 60 % à 80 % des revenus soient contractualisés avant de s’engager sur une dette de projet.

Les FPA physiques (Flexibility Purchase Agreements) ont permis d’apporter cette couverture lors de la première vague, avec près de 12 GW contractualisés en Europe en 2025. Ils ont toutefois été conçus pour des projets de grande taille : chaque contrat est négocié actif par actif et associe la couverture du risque de marché au contrôle du dispatch, deux caractéristiques difficiles à transposer à un portefeuille d’actifs distribués.

Cet article analyse comment les FPA virtuels et financiers permettent de dissocier les différentes composantes aujourd’hui regroupées au sein des FPA physiques, pourquoi ces instruments sont encore trop peu matures pour permettre un financement de projet à grande échelle, quelles évolutions pourraient permettre d’y parvenir, et quelles en seraient les implications pour les différents acteurs de la chaîne de valeur. Notre analyse s’articule comme suit :

  • A – Les FPA physiques étaient adaptés à la première vague européenne de grands BESS standalone. Mais ils sont négociés actif par actif et associent couverture du risque de marché et contrôle du dispatch, ce qui rend la contractualisation de petits actifs distribués coûteuse et les rend dépendants du nombre limité d’acteurs capables d’assurer simultanément ces deux fonctions.
  • B – Les FPA virtuels dissocient la couverture du risque de marché de chaque actif individuel, permettant ainsi d’agréger de petites batteries au sein d’un même portefeuille. Les FPA financiers dissocient également cette couverture du dispatch, permettant aux banques et aux fonds d’investissement de concurrencer les agrégateurs traditionnels et d’améliorer ainsi les conditions de couverture.
  • C – Les optimiseurs, les offtakers et les propriétaires d’actifs peuvent désormais contractualiser des portefeuilles entiers au travers d’accords-cadres, de sorte que l’ajout d’un nouveau site ne nécessite plus la négociation d’un nouveau contrat.
  • D – Ces instruments ne permettent toutefois pas encore de soutenir le financement de projet à grande échelle : peu d’énergéticiens achètent aujourd’hui des FPA virtuels et l’indice européen ne couvre que l’arbitrage day-ahead, soit environ un tiers de la valeur générée par une batterie française.
  • E – Étendre le périmètre du règlement à l’ensemble de la revenue stack constitue la principale voie de sortie : la Grande-Bretagne dispose déjà d’un indice couvrant ce périmètre, tandis que des indices continentaux existent désormais et pourraient servir de socle.
  • F – Les acteurs financiers, les optimiseurs behind-the-meter et les développeurs de BESS distribués seraient les principaux bénéficiaires de cette évolution, tandis que les agrégateurs historiques conserveraient une position forte sur les actifs front-of-the-meter, mais avec des marges plus faibles sur le bundling des services.

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